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Grand Prix de Belgique 500cc : Un peu d'histoire

La toute première course de l'histoire du circuit de Spa-Francorchamps a eu lieu le 12 août 1921. Mais, intégré dans le championnat du monde de vitesse, les 1ères courses officielles se sont disputées le 17 juillet 1949, année de naissance de la Fédération Internationale de Motocyclisme. Le tracé mesure à l’époque environ 14 km. En 500cc c’est l’anglais William Doran qui s’impose sur son AJS. 14 tours de circuit bouclés en 1h19 soit 203 kilomètres. C’est année là c’est Leslie Graham qui devient le 1er champion du monde 500cc de l’histoire. A cette époque, les pilotes anglais et italiens sont légion et pas une seule moto japonaise à l’horizon.

De 1956 à 1975, MV-Agusta accumule 18 victoires en 500cc dont 13 à la suite à partir de 1963. Mike Hailwood, Giacomo Agositini et Phil Read se partagent les couronnes de lauriers pendant 14 ans. *Ago * s’impose 8x consécutivement de 1966 à 1973.

Il faut attendre 1976 pour voir une Suzuki l’emporté en 500 grâce à John Williams. Suzuki s’impose ( toujours en 500 ) de 1976 à 1981. Mais en 1979, changement de décors, le circuit amputé d’une bonne moitié et sa longueur est réduit à 7 km. Malheureusement, une première saga se pointe à l’horizon. Un asphalte posé trop tard rend la piste très glissante provoquant le boycott de plusieurs ténors de la catégorie reine jugeant la piste dangereuse et impraticable. C’est un inconnu qui gagne ce 1er juillet, le Néo-Zélandais Dennis Ireland, la seule victoire de sa carrière. Pour éviter de devoir rembourser les billets, les organisateurs ont maintenu le Grand Prix en complétant la grille avec des pilotes privés, locaux ou de seconde zone.

Après 12 ans d’absence depuis fin 1967, Honda revient à la compétition en 1979 mais ce n’est qu’en 1982 que l’américain Freddie Spencer offre à la « marque ailée » sa 1ère victoire 500cc à Francorchamps. « Fast Freddie » Spencer pilote la nouvelle NS500, 3 cylindres – 2 temps, remplaçant la NR500, 4 temps peu fiable à pistons ovales. 1ère victoire Yamaha en 1983 avec Kenny Roberts. Spencer s’impose de nouveau en 1984 et 1985. En 1986 Randy Mamola ( 4x vice champion du monde ) offre à Yamaha un second succès sur le tracé spadois. Et encore un fiasco !! Initialement prévue le 5 juillet 1987, cette 60ème édition du Grand Prix national n'a jamais eu lieu. Cet épisode marque une nouvelle étape dans le long désamour entre la FIM et le circuit de Francorchamps. La raison : travaux de sécurité non exécutés. Ca s’arrange un peu pour la saison 1988 et c’est l’australien Wayne Gardner qui s’impose sous la pluie. Eddie Lawson gagne en 1989 et Wayne Rainey en 1990.

L’onde de choc !! L'année 1991 a provoqué un véritable séisme dans le monde de la vitesse moto, car elle marque la disparition définitive et officielle du Grand Prix de Belgique du calendrier mondial. À cette époque charnière entre 1991 et 1992, de nombreux passionnés, puristes et journalistes moto ont farouchement surnommé Bernie Ecclestone de « fossoyeur » des Grands Prix moto. Pourquoi ? L'IRTA (International Road Racing Teams Association) s'allie avec Ecclestone (alors patron de la F1, qui avait géré Spa en 1990 en doublant le prix des entrées ) pour racheter et gérer les droits de télévision. En 1992, la société espagnole « Dorna Sports » reprend ces droits d'exploitation. C'est la fin de l'amateurisme des instances dirigeantes traditionnelles. Désormais, un circuit qui ne répond pas à 100 % aux exigences de sécurité et de confort des équipes est immédiatement rayé de la carte. La Belgique était l'un des piliers fondateurs du championnat du monde depuis sa création en 1949.

Malgré le retour du championnat du monde d'Endurance en 2022, plusieurs obstacles financiers, techniques et politiques rendent le retour de la motogp impossible à court et moyen terme à Francorchamps. 

Ecclestone, l’anti moto : C'était un homme d’affaires froid, pragmatique et impitoyable. Pour lui, la moto représentait deux choses inacceptables : un danger financier pour son empire de la Formule 1 et un sport géré par des amateurs. Il était considéré par beaucoup comme un dictateur sans ménagement !! Pour Ecclestone, des caravanes rouillées, sales ou délavées par des années de pluie donnaient au circuit un air de « camping de seconde zone ». Elles devaient donc sortir du champ visuel des caméras.

Ce manque total d'empathie a créé une fracture définitive en Belgique. Les bénévoles et le public populaire de la moto lui ont fait payer en désertant massivement le circuit lors du Grand Prix moto de 1990, préférant boycotter ses tarifs plutôt que de se laisser humilier. C'est l'illustration parfaite d'un homme qui connaissait le prix de tout, mais la valeur de rien. 

Après 12 ans d'absence depuis 1967, Honda reviendra à la compétition en 1979 avec une machine 4 temps équipée de pistons ovales, la NR500. L'échec est cuisant et cette moto peu fiable ne peu rivaliser avec les marques concurrentes qui évoluent avec des moteurs 2 temps. 3 ans de frustration avant de revenir en 1982 avec cette fois, une nouvelle moto équipée d'un 3 cylindres - 2 temps, la NS500. Honda engage un pilote prometteur, l'américain Freddie Spencer qui termine 3ème du championnat. Spencer devient champion l’année suivante en 1983 avec 2 points de plus que Kenny Roberts. La machine Honda est lancée mais en 1984 c’est Eddie Lawson ( Yamaha ) qui s’impose devant Randy Mamola. 1985 verra le sacre de Spencer, champion en 250cc et en 500cc réalisant un doublé historique car il est le seul pilote de l'histoire à réalisé le doublé 250-500. Fast Freddie offre à Honda en 1983, son 1er titre en catégorie reine. 

Le Tourist Trophy de l'île de Man (TT) est la course moto sur route la plus ancienne, la plus rapide et la plus dangereuse au monde. Créée en 1907, elle se déroule chaque année en juin sur l’île de Man en mer d’Irlande. Cette épreuve légendaire a été intégrée au championnat du monde de vitesse dès sa création en 1949 et jusqu'en 1976. Jugé trop risqué, les pilotes ont commencés à boycotter cette course a cause de sa dangerosité. Le tour complet mesure un peu plus de 60km et pour l’occasion les routes sont fermées à la circulation. En temps normal, il n’y a pas de limitation de vitesse sur cette île sauf dans les zones urbaines.

Le Tourist Trophy est considéré comme la compétition sportive la plus mortifère de l'histoire. Depuis la toute première édition en 1907, le circuit de Snaefell a coûté la vie à plus de 270 pilotes lors des essais ou des courses officielles. Il existe plusieurs catégories, la plus rapide et la plus spectaculaire étant les « Superbike ».

Joey Dunlop était devenu une légende en remportant 26 victoires. Sa dernière remonte à l’an 2000 quelques temps avant sa mort survenue lors d’une course en Estonie. Son propre neveu, Michael Dunlop, a fini par battre ce record historique en atteignant 36 victoires. La famille Dunlop a payé le prix fort. Joey, Robert et William Dunlop sont décédés en course et seul Michael continue de perpétrer la tradition.

L'expression « entre génie et drame » définit à la perfection la vie et la carrière de Michael Dunlop. Aujourd'hui considéré comme le plus grand pilote de course sur route de l'ère moderne, il a bâti sa légende au prix de tragédies familiales d'une violence rare. 119 ans et 275 morts plus tard, le TT est indéboulonnable !! Pour ce petit territoire perdu au milieu de la mer d'Irlande, la quinzaine du Tourist Trophy est le poumon économique majeur de l'année.

En cas de tragédie, la communauté refuse les discours larmoyants. La phrase « il est mort en faisant ce qu'il aimait le plus » n'est pas un cliché. C’est une ligne de conduite respectée par les familles et les concurrents. Les pilotes connaissent les risques inhérents à cette discipline et l’acceptent dès qu’ils ont abaissés leur visière.

La Honda 6 ( 6 cylindres ) est l'une des machines de course les plus légendaires et technologiquement avancées de l'histoire des Grands Prix moto. Conçue au milieu des années 1960 pour écraser la concurrence, cette 250cc reste célèbre pour son architecture moteur à 4 temps unique, sa zone rouge stratosphérique et son cri strident incomparable. Au début des années 60, l'industrie japonaise cherche à acquérir une crédibilité internationale par le biais de la compétition mondiale. Face à la menace des moteurs deux-temps de plus en plus performants de Yamaha et Suzuki, Soichiro Honda ( fondateur de la marque ) refuse cette technologie et s'obstine à perfectionner le moteur à 4 temps. Multiplier les cylindres jusqu'à concevoir un 6 cylindres pour un moteur de 250cc répondait à une obsession mathématique et mécanique. Chaque cylindre cubait 41,6 cm³.

La version la plus mythique, la Honda RC166, affiche des spécifications techniques de haute horlogerie pour l'époque. 6 cylindres en ligne – 4 soupapes par cylindre – 60cv et une montée en régime qui avoisine les 17.000 tours. Mike Hailwood ( photo ) deviendra champion du monde en 1966 et 1967 au guidon de cette Honda. Fin 1967, Honda quitte provisoirement la compétition motos pour se consacrer au monde automobile. Ce retrait provisoire durera finalement 12 ans. Honda ne fera son grand retour officiel ( uniquement en Grand Prix 500 ) qu'en 1979.

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Jarno Saarinen - De la gloire à la tragédie

Jarno Saarinen était un pilote de vitesse moto finlandais de légende, sacré champion du monde 250 cm³ en 1972 sur une Yamaha. Il est resté célèbre pour son style de pilotage fortement déhanché. Surnommé le Finlandais volant il est tragiquement décédé en course à l'âge de 27 ans lors du Grand Prix des Nations à Monza le 23 mai 1973. Il excellait simultanément dans plusieurs catégories  et a également remporté les prestigieuses 200 milles de Daytona et de Imola en 1973. Il est victime d'un terrible accident collectif au départ de la course des 250 cm³ sur le circuit d'Imola qui a également coûté la vie au pilote italien Renzo Pasolini.

Après la course des 350cc, de l’huile sur la piste est laissée par la Benelli de Walter Villa. L'endroit est nettoyé sommairement et le départ des 250cc n’est pas reporté. Pasolini chute au 1er tour et provoque un carambolage qui causera la mort de Saarinen. Le manque de sécurité à l'époque était abyssal, presque criminel. Dans les années 1970, le monde des Grands Prix moto était géré avec trop d’amateurisme. Même avec une piste parfaitement propre, le drame se serait très probablement produit à cause d'une défaillance mécanique immédiate sur la moto de Pasolini. En résumé, ce n'est pas uniquement l'huile sur le tracé qui a tué Saarinen mais la combinaison fatale d'une panne mécanique, de l'absence totale de zones de sécurité et de la négligence de la direction de course.

Jarno Saarinen : 1945 - 1973

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